26.7.06

 

la société des Hommes, le "corps humain"



Hommes et Femmes, tous à la fois constituent la "Société des Hommes"... le "corps humain", dans le même sens que l'on dit le "corps social"...

D'autres préfèreront parler de l' Humanité...

Mais le mot est éculé... on connaît la belle "fête de l'Humanité" qui, chaque année, à La Courneuve rassemble les sympathisants communistes et ceux, plus largement, qui aiment la fête...

Hommes et Femmes...

Ils ont tendance à l'oublier les hommes...

Pour eux l'humanité se réduirait commodément à sa moitié, essentielle, celle qui use de l'autorité pour faire taire l'autre, embarassante quand elle ne se contente pas de servir ses appétits sexuels ou de servir tout court... tu me sers... elle me sert... mais jamais je te sers, ni il la sert... (mais plus souvent "il la serre")... conjugaisons orphelines de pères... partout sur la terre...

Pourtant le "corps humain" se compose de la Triade essentielle, comment dire... "primaire" ? "primitive" ? "première" ?
Je m'achemine vers la certitude que c'est de là que provient la triade : 1+1 = 3...
La mère, le père, l'enfant... la descendance...

Le "corps humain" transcende ainsi le temps... car si l'individu n'est rien dans la société des hommes à un moment donné, il est encore moins dans celle-ci dans la durée...

Il n'est qu'à travers ses "héritiers"...

Seule la femme donne la vie.

Pouvoir exorbitant que lui a attribué la nature...

Trop exorbitant pour que l'homme n'ait cherché à le lui oter, ou du moins, car il n'a pas encore réussi, à contrôler dans un cadre strict, les fameuses "structures sociales de la parenté" de Claude Levi-Strauss...

Mais mon propos n'est pas la condition de la femme...

Il porte sur le "corps social" constitué de tous les hommes et de toutes les générations.

La parenté, la relation des générations entre elles, le fait évident que seuls les enfants peuvent continuer l'oeuvre des parents par delà la condition finie de l'homme, par delà la mort...

C'est Valérie qui m'inspire ceci aujourd'hui... elle qui a perdu son père lorsqu'il avait 66 ans, homme dévoué à la vie des autres, chirurgien ayant combattu toute sa vie contre la mort, mais qui savait qu'il fallait aussi savoir l'accepter, ne pas se rebeller imbécilement, inutilement, contre la condition humaine... contre la nature... 7 mois branché aux machines, maintenu en vie artificielle, lorsqu'il a repris conscience brièvement, lui le médecin, ce fut pour faire comprendre à sa fille qu'il fallait le débrancher, que tout ceci n'avait pas de sens...

Qu'est-ce qui fait "l'humanité" cette fois dans le sens de cette spécificité de l'humain, le "être humain", sinon l'empathie, la sensibilité que l'on possède, comme une conscience de la vie et de sa fragilité, conscience de la souffrance de l'autre... quel être sensible voudrait faire souffrir un autre être sensible inutilement ?

Empathie... que j'ai pour Valérie dont je me sens proche aujourd'hui... anticipation de ma propre douleur lors de la perte de es parents...

Relation à mes enfants dont je suis séparé... il n'est de philosophie qui ne se fasse de chair et de sang, de la nôtre, de celle de nos parents, de celle de nos enfants... de celle de nos amants...

La disparition des relations qui unissaient les générations est un appauvrissement essentielle des cultures humaines...

Or c'est la tradition qui créeait cette union... avec le respect des ancêtres, leur quasi divinité...

Les savoirs accumulés...

La transmission de la pensée, de la connaissance du monde, la connaissance sacrée...

Cette dimension sacrée est essentielle.

Qu'elle ait été accaparée par le pouvoir est autre chose.

Il faut revenir à sa compréhension première.

La connaissance et sa transmission sont sacrées parce qu'elles créent le lien entre les hommes des différentes générations... c'est l'image de la corde, ou de l'arbre de vie...

Mais quelle conséquence pour l'individu ?

Où veux-je en venir au juste ?

Eh bien c'est évidemment la mise en cause directe de l'individualisme conçu comme "moi d'abord", peu importe les autres, qu'ils soient mes voisins, qu'ils soient lointains là-bas dans des pays dont je ne voudrais pas, qu'ils soient mes enfants demain...

L'égoïsme premier, primaire, primitif...

Celui qui consiste à vouloir vivre toujours plus vieux par exemple...

Celui qui consiste à vouloir toujours plus...

Valérie, foncièrement, est altruiste.

Du coup on lui met parfois sur le dos l'épithète de la "naïveté" parce qu'elle a du mal à envisager que les autres "profitent" d'elle, prennent sans donner... ne rendent jamais rien...

Elle ne veut pas vivre vieille. Elle se détache des choses matérielles....

Qu'est-ce que l'Humanité ?














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